Les triplicités revues et corrigées – par Cédric Caron

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En raison de la grande quantité de notions abordées, seule la seconde partie portant sur la réforme du modèle des triplicités sera abordée. J’y ai toutefois ajouté la métaphysique vue en début d’exposé nécessaire à la bonne compréhension de la matière.

Introduction métaphysique

A l’ « origine » de la manifestation (« Dans le principe » dirait une traduction correcte de l’ouverture de la Bible), était l’indifférenciation des luminaires en un tout profond de potentialités (Luna) et vibrant de force manifestante (Sol).

Les luminaires se séparant, ils créèrent un espace-temps intermédiaire.

Qui simultanément devint un principe en soi : Mercure.

Sa nature étant la dualité, il se dédoubla.

Ainsi les éléments furent créés : l’Eau et le Feu (éléments premiers) en correspondance avec les luminaires, l’Air et la Terre (éléments dérivés) en corrélation avec le Mercure double.

Nous obtenons ainsi d’une part trois astres : les fondamentaux. La marque de Mercure est 1) qu’il procède de Sol et de Luna (les principes masculin et féminin : l’absolu) mais exprime son héritage dans un ordre de réalité moindre et donc exprime une qualité non identique aux leurs mais en correspondance avec elles et 2) qu’il exprime sa propre nature double dans cet espace-temps (le relatif). Bien que parmi les principes, il n’en est pas un.

Et d’autre part cinq astres : les élémentaux. Mercure étant le stade d’indifférenciation de ces derniers. Bien que parmi les élémentaux, il n’en est pas un.

Comprendre que les luminaires sont une réalité une (absolue) divisée en deux astres tandis que Mercure est une réalité double (relative) unifiée en un astre. Par conséquent, Mercure présente en faible proportion (de qualité différente) un peu de Sol comme un peu de Luna ainsi qu’il exprime sa nature double. C’est encore une analogie avec les modes : Sol, Luna et Mercure pour les modes cardinal, fixe (il serait plus pertinent de dire « promoteur », « nourricier », « manifestant », etc.) et double. Mercure est l’articulation entre les modes et les éléments : s’il joue partiellement dans l’espace créé par la séparation des luminaires, il en fait de même dans le monde relatif des éléments : il est la quintessence (quinta essentia : le 5e élément), c’est-à-dire le stade indifférencié qui, lorsque spécialisé, donnera un mélange en proportion variable des quatre éléments. Remarquons qu’il des modes comme des élémentaux bien qu’il fasse partie de ces deux ensembles : il est en aval des premiers, en amont des seconds soit « quelque part entre les deux ». Voilà la base du planétaire.

Les triplicités

Les dignités sont en correspondance avec les fondamentaux : Sol l’est avec l’exaltation (statut, activité, force) ; Luna, avec le domicile (nature, possibles, ressources) et Mercure, avec les triplicités (en sa composante dérivée des luminaires : selon que Sol ou Luna – le jour ou la nuit – prédominera, la triplicité sera différente ; en sa vertu propre : la triplicité est une dignité de second ordre).

Les anciens ne comprenaient pas les dignités. (Ou seulement ceux qui les ont apportées ?) Fort heureusement, les majeures ont traversé les époques intactes (jusqu’à la défiguration du xixe siècle). Les triplicités n’ont pas connu un sort aussi heureux, si tant est qu’elles aient jamais été correctes : des attributions connues aujourd’hui, seule la moitié est juste. L’examen de leur justification, qui offre une construction bancale aux nombreux cas particuliers (au surplus hasardeux), dénonce un problème de compréhension du système dans son ensemble par les anciens. La justification tâtonnante a posteriori est palpable. C’était donc là qu’il fallait œuvrer à les restaurer.

Voici les triplicités comme exposée dans le livre d’Hermès (le système le plus ancien).

Le système est justifié par une construction incohérente de maîtres par domicile des signes du même élément ici et là écartés sans que l’on en comprenne trop la raison. Ce qu’il faut surtout retenir est que d’autres modèles ont été présentés par la suite, preuve que celui auquel on a réagi n’était pas satisfaisant. Les justifications tout aussi saugrenues avancées pour ces derniers débouchent sur un modèle procurant une insatisfaction égale.

Reprenons, comme on devrait toujours le faire, sur base des principes métaphysiques posés en première partie de conférence. L’exaltation est en correspondance avec le soleil, le jour, le masculin, le zodiaque, le mode cardinal, etc. De même, au domicile correspond la lune, la nuit, le féminin, la domification, le mode fixe, etc. (Mercure étant analogue aux planètes, aux systèmes que nous appelons improprement « maisons », aux aspects et aux triplicités.) Les différentes composantes de l’art se répondent. Cette herméneutique est un rayon conducteur qui traverse l’art du centre (les principes), duquel il relie les réalités relatives en correspondance, jusqu’à la périphérie (les applications).

Suivons la piste des correspondances avec les dignités. Commençons avec le jour : Sol est exalté dans un signe de Feu ; Mars, dans un signe de Terre et Vénus, dans un signe d’Eau. Mettons Mercure de côté pour l’instant. Observons maintenant les domiciles, en corrélation avec la nuit. Jupiter est en domicile dans un signe de Feu ; Saturne, dans un signe d’Air ; Mercure, dans un signe de Terre et Luna, dans un signe d’Eau. En conclusion, seul Mercure fait faux bond dans l’exaltation en signe d’Air. Les données métaphysiques présentent ce genre d’arrangement asymétrique ailleurs également (cf. conférence sur les planètes au chapitre des exaltations). Il s’agit en fait d’un système harmonieux apportant un surcroît de sens : les sept planètes s’y retrouvent chacune une fois. La huitième position (de Mercure double) est là pour nous ouvrir un passage vers une dimension supplémentaire.

La métaphysique enseigne que le passage de la réalité absolue à la réalité relative s’effectue suivant une dynamique d’inversion : c’est la « hiérogamie ». Littéralement « mariage sacré », ce terme signifie que, tout en conservant son essence, le Ciel confère ses attributs à la terre et réciproquement.

Explication par l’illustration : Fu Xi (analogue au Ciel) tient l’équerre qui trace un carré (analogue à la Terre) qu’il a reçu de Nu Wa (analogue à la Terre), à laquelle il a donné son compas qui trace un cercle (analogue au Ciel). S’ils sont entrelacés, c’est qu’ils sont l’expression en deux réalités relatives de la réalité absolue indivise. (L’unique se donne à lui-même par l’entremise de ses expressions duelles.) Ainsi le supérieur et l’inférieur sont en image inversée d’où ce que « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

Nous avons appris que Mercure était une répétition de la séparation des luminaires dans un ordre de réalité moindre. Astre double, il se mariera avec lui-même : les lignes des éléments Terre et Air (éléments dérivés, en correspondance avec Mercure) s’inverseront chacune par elles-mêmes. Mercure et Saturne intervertiront leur position en Air tandis que Mercure et Mars feront de même en Terre, ce qui donnera le modèle final ci-dessous. Il donne satisfaction tant en théorie qu’en pratique.

Comparaison des modèles

J’ai placé en en-tête de tableau l’ « herméneutique des correspondances » car, si nous parlons bien d’un modèle, ce dernier est surtout une des expressions d’un courant d’exégèse qui permet de mettre en évidence et qui nourrit différents modèles comme ceux des planètes, du zodiaque et des maisons. Le nom à retenir est tout simplement celui de « triplicités », vu que c’est le modèle juste qui restaure cette dignité dans son essence. Les règles qui nous sont parvenues de la tradition étant une information dénaturée et partant dénuée de sens à évacuer.

Ce qui apparaît immédiatement à la comparaison est que grosso modo la moitié des planètes se retrouve sous la même classification : les éléments Feu et Air restent inchangés. A y regarder de plus près, on retrouve le couple Eau des triplicités restaurées en lieu et place du couple Terre chez Hermès. Y aurait-il un une erreur de recopie ? Si l’on poursuit l’investigation d’un esprit ouvert, on sera frappé de constater que Mars rend la pareille dans le mouvement inverse. S’il y a bien eu interversion des éléments Terre et Eau à la recopie (je songe aux noms des éléments placés dans un tableau, non aux quatre glyphes : ce ne serait alors que deux termes à intervertir, ce qui aurait pu facilement se produire), on aurait alors quasi le même modèle. Reste Mercure. L’astrologie est logique et symétrique : seul cet astre peut prétendre à être représenté deux fois. Il est d’ailleurs le correspondant des éléments dérivés (Air et Terre). Il ne fait aucun doute que c’est Mercure qui occupe la place à côté de Mars.

Mon opinion est que les anciens avaient accès à une forme d’intuition suprahumaine. Je soupçonne une interversion des « étiquettes » des éléments Eau et Terre et suppose que, si Hermès n’avait pas bien placé Mercure (sait-on jamais qu’il y ait là aussi erreur), le sage qui a présidé au modèle était très proche de son expression correcte.

Trois thèmes d’exemple (astrologie des interrogations)

Termes techniques 

M x : le « maître » (la planète en correspondance avec le signe dont il est question) de la maison x. Le signe étant le symbole des possibles en jeu (le potentiel) ; la planète, son agent (le principe actif).

C x : la « cuspide » (ligne démarcative) de la maison x. Selon le signe dans lequel elle tombe, telle planète, nommée « maître », sera celle qui réalisera le potentiel de cette maison.

 

Le requérant s’est vu contacté par sa sœur lui proposant de prendre leur mère en voiture avant de venir le chercher pour se rendre à une fête familiale. Le requérant ne souhaitait pas voir sa mère. Il songeait à mettre de l’eau dans son vin et accepter sa présence au rassemblement familial mais il n’était pas prêt à passer du temps dans la voiture avec elle. C’est à ce moment que la question a été posée.

Signifiant son état d’esprit à sa sœur par texto, celle-ci lui revint par le même média pour lui faire part de son changement d’arrangement : elle passerait seule le prendre tandis que la mère se rendrait à la fête avec leur autre sœur. On voit que la sœur qui a contacté le requérant a cherché une solution pour leur mère en allant dans le sens des désidératas du frère : si Saturne-M iii (la sœur) est dans l’exaltation de Mars-M i (le requérant), elle est tout de même dans la triplicité de Mercure-M x (la mère).

On voit que Mercure est en triplicité diurne en signe de Terre, contrairement à ce qu’en disent Hermès et Ptolémée.

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Quelle race serait-elle la plus adaptée à mon jeu à Starcraft ?

Appréciant particulièrement ce jeu d’échecs moderne qui a tenu avec brio le pari d’offrir un jeu équilibré à trois races, je me demandais laquelle de celles-ci serait la meilleure pour moi compte-tenu de mon style de jeu. Petite info : les Protoss, les Terrans et les Zergs sont en correspondance avec l’esprit, l’âme et le corps.

Les Protoss sont représentés par Mars (bien que leurs unités soient qualitatives, ce n’est pas Sol qui les représente car c’est une race sauvage qui se bat au corps-à-corps et est capable d’effectuer des percées soudaines grâce aux dégâts massifs localisés qu’elle peut causer rapidement ; incidemment la combustion rend que ce sont eux qui ont le plus d’unités invisibles pour l’adversaire) ; les Terrans, par Mercure (race pouvant se déployer suivant deux routes d’évolution différentes « biologique » ou « mécanique ») et les Zergs, par Luna (une grande quantité d’unités bon marché fragiles – la stratégie revenant à inonder l’adversaire).

Je suis représenté par Saturne, maître de l’ascendant. De quelles planètes puis-je tirer la vertu le plus aisément ? Mon significateur est dans l’exaltation de Mars et dans le détriment de Luna, ce qui reflète admirablement la situation : j’ai toujours eu les guerriers nobles Protoss dans mon cœur et trouve les Zergs, race insectoïde, repoussante. J’apprécie jouer les Terrans mais trouve qu’ils manquent de panache, ce que l’on voit par leur dignité de triplicité diurne sur le Capricorne.

A ma déception, les significateurs des Protoss et des Terrans occupent le détriment de Saturne. Je ne suis donc pas capable d’exploiter leur potentiel. A ma surprise, il en est tout autrement des Zergs : Luna est dans le domicile de mon significateur et encore conjoint à lui ! Clairement, c’est cette race dont la mécanique convient à mon style fort conservateur et timoré, les Zergs étant connus pour planter des bases et jouer défensif jusqu’au moment où ils sont prêts à lutter à armes égales (ils sont faibles en début de partie).

Si l’on suivait Hermès ou Ptolémée, ce serait Vénus en triplicité diurne en signe de Terre. Cette planète n’a pourtant pas de rôle dans l’analyse. Encore une fois, on voit que Mercure est en triplicité diurne en signe de Terre, contrairement à ce qu’en disent les écoles de pensée de la tradition.

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Quelle est la composition de la bague ?

La bague d’une certaine personne m’intriguait. Je voulais connaître la proportion des différents métaux la composant et surtout savoir si elle était bien en argent.

Création artistique de sa compagne, elle est représentée par la maison v à compter de la vii. D’emblée, la cuspide tombant en Cancer et le nœud nord conjoint à celle-ci décrivent une proportion importante d’argent (le métal en correspondance avec Luna). Mercure est présent dans la maison. Il évoque un alliage de métaux en corrélation avec les dignités du Cancer : le domicile de Luna pour l’argent (c’est un deuxième indice : il y en a donc vraiment beaucoup) et la triplicité de Vénus pour du cuivre en proportion moindre. Tel était le cas : environ 75 % d’argent contre 20 % de cuivre, nécessaire pour assurer la solidité du bijou.

Le Cancer est aussi le lieu d’exaltation de Jupiter. Tant Luna que Jupiter, les deux énergies en présence dans cette bague, se trouvent en Sagittaire. Lieu de triplicité du soleil (dignité modérée), nous avons la barrette d’or en proportion de 5 % (petite quantité) qui ne fait pas partie de l’alliage. Jupiter est dans son domicile ainsi que dans la triplicité du soleil. La barrette représentait « l’amour que j’ai pour toi » me dit le propriétaire de la bague, rapportant les paroles de sa compagne : Jupiter est M vii en domicile en Sagittaire (l’artisan qui exprime authentiquement quelque chose de lui) tandis que Sol est l’or, c’est-à-dire la forme que prend cet amour.

Jupiter est stationnaire et conjoint à l’antisce de Saturne-M xi : c’est un témoignage d’amour pérenne ainsi que d’espoir de fidélité.

On voit que c’est bien Vénus qui gouverne la triplicité d’Eau en thème diurne (et non Mars comme le dit Ptolémée).

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