Les relations interplanétaires – Cédric Caron

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Les relations interplanétaires ; un modèle pour comprendre les natures et fonctions des planètes – par Cédric Caron

Jusqu’à aujourd’hui encore les astrologues dérivent la signification des planètes pour une petite part de caractéristiques visibles de celles-ci et pour une grande part de correspondances léguées par la tradition entre les planètes en tant que principes et le monde phénoménal – un savoir peu structuré qui n’offre pas de compréhension globale par manque de modèles. Si le zodiaque et les maisons ont le leur depuis longtemps, les planètes n’en ont toujours pas !  

Je vous propose un modèle montrant que les planètes forment une structure ayant sa logique propre (bien qu’en interaction avec d’autres).  Il permet de saisir le sens de chacun des astres, ainsi que les relations qu’ils ont les uns par rapport aux autres.   Il s’appuie sur une approche spirituelle bouddhiste et  s’inspire de la métaphysique illustrée par les travaux de René Guénon.

Prenons l’exemple de Vénus.  Dans une approche phénoménale, on dira que Vénus représente la beauté de par son aspect brillant, éclatant.  Ne s’éloignant jamais de plus d’environ 46° du Soleil, elle relève du principe de relation.  Elle symbolise l’harmonie par son orbite parfaitement circulaire contrairement aux autres planètes dont l’orbite est elliptique.  De plus elle dessine en huit ans la figure d’un pentagone dans le ciel et la division du nombre de jours d’une année terrestre par les jours de l’année vénusienne donne un résultat très proche du nombre d’or.

Une telle approche aboutit à des données éparses sans liens entre elles.

Pour définir un modèle et établir des liens entre les planètes, il faut partir des pseudo maîtrises zodiacales ou, à proprement parler, de la relation planète-signe.  Les planètes sont des principes actifs, des agents au service des signes et non les « maîtres » de ceux-ci.

Vénus correspond au signe de la Balance qui fonctionne en altérité et en dissociation.  C’est un signe d’Air, orienté vers la relation. La Balance va regarder l’autre comme un sujet à part entière et développer la relation, l’harmonie, la diplomatie.  Elle va aussi se regarder elle-même comme un autre pour se mettre à la place de celui-ci, se voir elle-même comme une conception.  Le Taureau, autre signe vénusien, signe de Terre, est un signe de manifestation.

Il perçoit le monde comme un grand champ de ressources et l’investit comme tel. Il noue toutefois un contact subjectif avec les objets Il tend aussi à donner forme sensible à sa subjectivité (à tout ce qu’il ressent).

Le modèle intègre les planètes, les éléments et les modes.

Dans une première approche, spatiale, on considère les planètes masculines soleil, Mars et Jupiter d’une part et les planètes féminines lune, Vénus et Saturne, d’autre part.  Les planètes masculines forment le triangle de l’esprit.  Ce sont les planètes chaudes qui se placent dans la partie haute du modèle.  Le triangle féminin, froid, se place en dessous.

Mercure est un élément à part, fait de bric et de broc.  Il représente, le moi, l’ego.  Il se place au centre du schéma.

Le soleil exprime sa qualité première qui est le chaud.  La lune exprime sa qualité secondaire qui est le froid. (Le C ne s’oppose pas au F, comme le rapporte la tradition, mais à l’Humide.)

Reprenons maintenant le schéma d’un point de vue temporel ou dynamique :

 

Partant du Ciel (le soleil), on passe par Mars et on arrive à Saturne : le principe spirituel descend dans la matière.  De l’autre côté, on a la Lune, puis Vénus, puis Jupiter.  Toutes les planètes sèches sont à gauche, dans le sens de la descente.  Les planètes humides sont dans le sens de la remontée. Le soleil exprime sa qualité dérivée, qui est le sec. La lune exprime sa qualité première : l’humide.

Les planètes « maléfiques », à gauche, sont en rapport avec les aspects de carré et d’opposition, en lien avec la manifestation. Elles sont également en correspondance avec les nombres 4 et 2, nombres manifestant.  Vénus et Jupiter, à droite, correspondent respectivement au sextile et au trigone. Tout comme aux nombres 6 et 3, dynamiques. (Vénus est la planète de la concorde et cela se voit ici encore : 6 est 2 multiplié par 3 – elle participe ainsi des deux séries.)

Mercure au centre, reçoit l’énergie du soleil (l’esprit) et les potentialités formelles de la lune (l’âme).  A partir de là, il crée Mars et Vénus.  Avec sa propre énergie, il crée Saturne et Jupiter.  On a donc le couple primordial, le soleil et la lune (la conscience-énergie et le potentiel-forme) : le Feu et l’Eau tandis que Mercure crée l’Air (les êtres individuels) et la Terre (les choses) dans une sorte de continuum.  Il y a densification des conceptions jusqu’au tangible.

Développons le schéma.

Les exaltations sont la dynamique (Sol) de la manifestation tandis que les domiciles en sont le potentiel (Luna).

Mars est exalté en Capricorne qui est le signe de Saturne ; Saturne est exalté en Balance, signe de Vénus ; Vénus est exaltée en Poissons, signe de Jupiter.  Chaque planète du quaternaire élémentaire est exaltée chez la suivante.  Ensuite, le soleil initie la descente dans la matière (arc descendant).    Il est exalté dans le Bélier, signe de Mars ; La lune donne l’élan de l’élévation de la Terre (arc ascendant) et est exaltée en Taureau, signe de Vénus.

Enfin, Mercure, exalté en Vierge, est exalté chez lui-même et tire son épingle du jeu (il est la quintessence : la cinquième essence – soit le cinquième « élément », indifférencié, qui contient virtuellement les quatre éléments, différenciés).

Finalement, Jupiter, qui n’est pas exalté dans le signe de Mars mais en Cancer, n’entre pas dans le système cyclique de prime abord.  Jupiter a pour fonction de permettre la sortie du système.  Il représente le maître spirituel qui aide à se délivrer du samsara ou existences cycliques.

Applications :

  • Modèle d’Elisabeth Kübler-Ross sur les étapes du deuil (il existe plusieurs versions très proches l’une de l’autre) :

On remarquera une perte d’énergie donnant suite à une remontée de l’énergie. Jupiter est bien une fin donnant sur un nouveau début et non un cycle se perpétuant.

  • Thèse – antithèse – synthèse – « a-thèse »

Une thèse appelle une autre thèse avec laquelle elle entre en conflit. Vient alors, une tentative de synthèse visant à les réconcilier. C’est ce qu’offre la dialectique classique et que j’appelle résoudre une opposition « en aval ». Mais il existe une autre façon, supérieure : une résolution « en amont », c’est-à-dire se rendre au lieu à partir duquel la problématique thèse-antithèse n’est pas conçue comme un jeu d’opposition. C’est notamment le cas d’une pratique spirituelle mais pas uniquement. Encore une fois, Jupiter ouvre au lieu de perpétuer un schéma répétitif.

Concrètement, le schéma de base nous permet de tirer le sens des planètes :

Vénus, par symétrie centrale (par opposition à Mars) va prendre le sens contraire à celui-ci, attirant à elle, cédant l’initiative, cherchant le duo pour agir, s’exprimant suivant des modes secondaires (art, suggestion), se reposant, appariant, …  Par symétrie axiale avec Saturne, planète de la forme qui est grave, dure, dense, Vénus agit dans le manifesté pour élever, alléger, faire fleurir les potentiels, …  Elle crée des contacts là où Saturne isole et se replie sur lui-même.  Quand Saturne est objectif et se limite aux faits, Vénus s’ouvre aux émotions, elle transmet le tangible au monde intime (Vénus par rapport à sa racine : la lune – on comprend ainsi que Vénus a pour matériau les émotions). Elle partage avec Saturne la position au fond du cycle mais là où Saturne est dans une dynamique de descente, Vénus est dans une remontée. Par rapport à son but (le soleil), Vénus a l’intuition de la lumière.  Elle sait qu’il existe un monde de beauté totale (le soleil) et qu’il montre la direction du bonheur.  Vénus va ainsi créer l’élan d’élévation : par intensification de l’ascension, Jupiter va maintenir cet élan car on est dans un continuum.  Avec Jupiter, on passe de la relation à un seul être (qui peut être la relation que l’on noue avec soi-même) à une relation de groupe : Vénus opère dans le contexte du lien émotionnel avec une personne en particulier (c’est l’information que l’on peut tirer par rapport à Jupiter). Avec Jupiter on fait la synthèse du manifesté pour en garder le meilleur, on prend de la hauteur, on rassemble tout en ayant en ligne de mire l’épanouissement, le bonheur, la représentation du pouvoir (Sol).

Le septénaire est donc l’addition des 3 modes (les luminaires pour la réalité absolue et Mercure pour la réalité relative) et des 4 éléments (Mars, Saturne, Vénus et Jupiter).

Voyons maintenant où se placent les transsaturniennes dans le modèle.

Les transsaturniennes sont en rapport avec les modes : le mode cardinal qui est expression de la conscience ; le mode fixe qui représente les potentialités (on pourrait l’appeler mode « ressources ») et le mode mutable ou duel.

Mercure, toujours au centre, fait le lien entre les modes et les éléments.  Il est le cinquième élément, indifférencié, qui va absorber les autres.

Uranus agit en interaction entre la conscience-énergie (Sol) et le moi (Mercure).

Pluton, planète double comme Mercure, représente la lucidité.  Il est le grand destructeur du zodiaque.  Il va permettre de comprendre que le moi n’existe pas.

Uranus.

Le Soleil est le centre de la manifestation.  Il jette son rayon jusqu’au point le plus dense (Saturne).  Dimanche est le premier jour de la semaine ; samedi est le dernier.  Le rayon de lumière solaire est constitué d’une succession de petits soleils.  C’est une succession d’évènements discrets actualisés d’instant en instant.  Uranus correspond exactement à cette manifestation instantanée.  Uranus est la prise de conscience d’un nouvel état de l’être ; l’arrivée immédiate dans un autre état, à la différence de Mercure qui représente un processus.  Ce passage sans transition d’un état à un autre aboutit aux qualités brutales, surprenantes, accidentelles conférées à Uranus. 

Uranus éveille car il permet de prendre conscience de la réalité.  Issu du Soleil, c’est le moment original, unique.  C’est l’unicité.  Deux mouvements sont possibles.  En premier, c’est la descente du Principe (le soleil) vers l’ego (Mercure) : ce sont alors les révélations, intuitions, inspirations diverses.  Mercure, l’ego, élabore un réseau de concepts et de mots qui se confondent avec la réalité.  Uranus défait ces illusions et dégage l’espace obstrué par les constructions de l’intellect.  En second, on a la remontée vers le Principe, de Mercure vers le soleil : on va se tourner vers sa vérité intérieure, son soleil intérieur, se brancher sur un idéal, chercher de nouvelles pistes, hors schéma.  Les révolutionnaires sont animés par un idéal.

Neptune. 

Neptune est la possibilité infinie de manifestation.  Dans le monde du rêve, les possibilités sont beaucoup plus larges que dans le monde physique qui connaît des limites plus importantes.  Dans le monde de Neptune, on atteint l’infini.  Avec Neptune, la probabilité d’une manifestation tangible diminue.  On rejoint le monde de la manifestation subtile, intangible, floue, nébuleuse et même celui de la non-manifestation où tous les états d’être existent simultanément, où tout est possible tout le temps et partout.

Neptune représente la grâce.  Si Uranus est la gnose, la connaissance, et permet l’éveil, Neptune représente la grâce nécessaire dans la quête spirituelle.  Pour atteindre l’éveil, à un moment donné, le vouloir est contreproductif et seule la grâce peut nous permettre d’y accéder vraiment.  Neptune est l’agent de l’infini.  Uranus est l’agent de l’unique.  Uranus conduit à la Claire Lumière, Neptune, à la vacuité.  Ce sont les deux concepts du bouddhisme.

Pluton.

En regard du soleil, Pluton représente la puissance personnelle.  Les plutoniens sont en phase avec l’énergie (le reiki, le magnétisme sont des domaines de Pluton).  Toujours par rapport au principe solaire, mais en négatif, Pluton est le grand contempteur de la Lumière et devient volonté de puissance.  Face à la lune, Pluton est en harmonie avec les cycles dans son versant positif.  En négatif, les cycles ne sont pas respectés, ce qui entraîne souillure et pollution.

En contact avec son élément Air, le positif c’est la lucidité.  La forme est accueillie pour ce qu’elle est.  Il y a renoncement et conscience du fait que les conceptions n’ont que la puissance qu’on veut bien leur prêter.  En négatif, cela devient la densité où les mots prennent de l’importance alors qu’ils n’existent pas, ce qui mène à la manipulation et aux mensonges.

Du côté de l’élément Terre, Pluton en positif représente la lucidité qui comprend la vacuité des phénomènes.  Bien vécu, il agit comme une purge positive.  La conscience du cycle est bien présente ainsi que celle de l’éphémérité du corps en tant que support.  En négatif, on a le nihilisme, la perte de sens, le monde de la nuit et les théories du complot.

Pluton est l’agent des changements d’état (la transformation).

Uranus est donc l’unique, Neptune l’infini et Pluton, l’indéfini qui a tendance à atomiser les choses.  Par rapport aux modes, Uranus est en lien avec la cardinalité qui représente l’irradiation de la conscience universelle.  Le mode fixe (les ressources) représente les potentialités en lien avec Neptune et avec l’infini.  Pluton comme agent des changements d’état est en lien avec la mutabilité.

Voici donc le schéma complet de l’œuf cosmique.

 

Le modèle traditionnel n’est pas un modèle d’observation scientifique mais de principes. Pour les transsaturniennes, il faudrait pouvoir justifier, le domicile, l’exaltation, le mode.  Dans le système de correspondance entre planète et aspect,  quel aspect peut-on associer à ces transsaturniennes ?   Jupiter correspond au trigone et Vénus au sextile.  Les luminaires correspondent à la conjonction car il s’agit de la non-dualité.  Les luminaires sont une réalité unique divisée en deux planètes tandis que Mercure est une réalité double fusionnée en une seule planète.  Les luminaires sont la verticalité et Mercure est l’horizontalité.  En métaphysique, on parle de hiérogamie : le mariage entre le Ciel et la Terre.  Le Ciel garde sa vertu mais donne ses attributs à la terre et la Terre fait de même.  L’aspect correspondant à Mercure est le semi-sextile mais aussi, planète double oblige, le quinconce, qu’il serait plus judicieux de voir comme le semi-sextile vu d’en face (du descendant).  Et pour les transsaturniennes, quel sont les aspects correspondants ? Et quels sont les jours de la semaine ? Et les plantes ? Et les métaux ? Etc.

Dans la mesure où il n’est pas possible de répondre à ces questions, on ne peut pas établir de lien entre les transsaturniennes et les signes.

L’astrologie doit se déduire de principes métaphysiques sans quoi, elle est matérialisme.

Les glyphes planétaires devraient également être repensés.

 

Toutes les planètes masculines devraient porter le symbole du soleil, l’esprit. Les féminines devraient avoir le glyphe de la lune puisqu’elles relèvent du monde de la forme.  Toutes les planètes qui sont dans le manifesté devraient comporter une croix, la croix des éléments. 

Mars est l’énergie de l’esprit transformé en énergie mécanique.  La croix des éléments domine l’esprit car l’esprit vient s’incarner.

Pour Saturne, la croix domine la lune car Saturne vient concrétiser les potentialités.

Neptune représente les potentialités infinies mais la lune représente les potentialités dans le cosmos et au niveau personnel.

Par symétrie centrale, on a la croix sous la lune pour Vénus.  Vénus est perceptions et ces perceptions vont dépasser la matière tout en s’appuyant dessus. Les potentialités ne s’épuisent pas (comme avec Saturne) mais s’ouvrent.  Quant à Jupiter, il s’appuie sur la matière pour rejoindre le soleil, ce qui fait de lui le grand bénéfique (il intègre le manifesté tout en ayant la vision de l’esprit).

Mercure assemble à la fois, lune, soleil et croix des éléments.  Dans la plupart des cas, la lune se place devant le soleil : la conscience pure est voilée par les perceptions.  Pour certaines personnes, plus évoluées spirituellement, c’est le soleil qui devrait figurer devant la lune.  Le couple vertical domine la croix : l’ego permet de penser, de se repérer dans le monde. L’intelligence domine la matière.

 

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