ABC ASTROLOGIQUE : UNE AUTRE EXPLICATION DES DOMIFICATIONS.

JosianeNon classé

par Martien Hermès

(conférence présentée à l’IAB, le 12 mars 2018).

Le modèle astrologique couramment utilisé est construit sur les analogies entre signes zodiacaux et maisons ou champs d’expérience.
Ce modèle est, à mes yeux, erroné parce qu’il a perdu l’essence primordiale des significations des maisons et j’aimerais vous expliquer cette tradition perdue.
Les astrologues d’aujourd’hui considèrent que les domaines des maisons sont établis sur base d’une analogie, d’une affinité ou d’une parenté entre les signes et les maisons, sur base de leur numérotation. Dans cet ABC, l’astrologie est simplifiée en 12 “lettres” astrologiques, qui correspondent aux douze signes avec leur maître ainsi qu’aux douze maisons ; la 1re “lettre” Bélier est donc assimilée à la Maison 1 et à Arēs/Mars, etc. Ce modèle est devenu le fondement dominant de l’élaboration des domaines des maisons. Puisque le Taureau est le 2e signe à compter du point de départ correspondant au printemps/Bélier, on pense que la Maison 2 est également analogue au Taureau. Les caractéristiques du signe du Taureau et de son maître/dispositeur Aphrodite/Vénus, paraissent interchangeables avec les propriétés et les domaines attribués à la Maison 2. Ce qui a mené par exemple, à ce qu’on pense aujourd’hui, qu’Aphrodite/Vénus et Taureau, par nature, sont les significateurs universels principaux de l’argent, des avoirs matériels et de l’aisance, un des sujets de la Maison 2. Donc quand un astrologue aujourd’hui, entend le mot “argent”, son premier réflexe, c’est l’association “Maison 2/ Aphrodite/Vénus/Taureau !” – ce n’est pas juste.
Les sources classiques nomment Zeus/Jupiter comme significateur général et universel de l’argent, des biens et de la richesse. Et chose surprenante, elles ne citent ni le Sagittaire ni les Poissons comme tels. Maison 5 et Maison 11 étaient vues jadis comme maisons équivalentes pour le potentiel financier, et pas seulement la Maison 2. Nulle part on ne trouve dans les anciens aphorismes de rapprochement entre le Taureau ou Aphrodite/Vénus – pour elle-même – et l’argent, mais bien entre Zeus/Jupiter et l’argent.
Cette répartition en maisons, et la désignation de leurs domaines, repose sur un autre principe fondamental, le Thema Mundi. Cette analogie entre signe et maison, selon cet ABC, n’explique pas pourquoi les maisons ont reçu leur liste d’attributions spécifiques et mène à des associations et des hypothèses inexactes.

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7   Le Destin du zodiaque

Dans le chapitre précédent, on a mis en lumière et illustré les principes généraux du mouvement actif et passif. À présent, nous allons voir comment les principes généraux de l’astrologie parcourent la Voie descendante depuis la marche 1 jusqu’à la 2, l’horoscope de naissance. La différenciation que représente cette descente, a des conséquences pour le zodiaque et les planètes. Les douze signes du zodiaque deviennent les douze maisons de l’horoscope. Les dieux planétaires deviennent le personnel des signes.

Sur la Voie descendante, outre la différenciation des planètes en personnel (cf. Chap. 8), on assiste aussi à la première descente dans le zodiaque. Les signes du zodiaque deviennent, sur cette (seconde) marche descendante, les douze maisons, comme on l’a expliqué dans l’introduction. La question est de savoir comment les signes du zodiaque, dont chacun a une signification spécifique, s’associent avec le contenu des maisons. Comment les maisons en arrivent-elles pour l’essence à leur signification ? Selon les points de vue modernes, le fondement en est l’ABC astrologique, mais il en existe deux versions. L’ABC ci-contre montre en fait le rythme saisonnier d’Hēlios/le Soleil au travers des signes, et en même temps, son rythme journalier. Se levant à l’Ascendant, culminant au MC, se couchant au Descendant et anti-culminant au FC. Sur base annuelle, c’est l’équivalent du rythme des saisons. Hēlios/le Soleil “se lève” au printemps en Bélier, atteint son point haut (il culmine) en été en Cancer, se couche en Balance et atteint son point bas en Capricorne.

L’autre modèle ABC – la seconde représentation – est la version inversée et a mené à beaucoup de confusion sur le contenu des maisons. Je vais expliquer pourquoi. Le Thema Mundi est un modèle plus plausible pour illustrer les sujets des maisons en association avec les signes zodiacaux. Ce modèle montre une association plus logique des signes et des maisons, qui ne commence pas avec le Bélier, mais avec le signe du Cancer comme premier signe. (Cf. Chap. 2.8)

7.1.1 Le retour des significations modernes des maisons

De cette deuxième version ABC, à mes yeux erronée, on retire aujourd’hui qu’elle est le fondement des significations des maisons. Les astrologues d’aujourd’hui sont en général d’avis que les sujets des maisons sont désignés sur base d’une analogie, affinité ou parenté des signes et des maisons, sur base de leur numérotation. Dans cet ABC, l’astrologie est exagérément simplifiée en 12 “lettres” astrologiques, qui correspondent aux douze signes et douze maisons, où la 1re “lettre” Bélier est donc assimilée à la Maison 1 et à Arēs/Mars etc. Ce modèle est d’une manière ou d’une autre devenu l’explication dominante de la façon dont les maisons en sont venues à leurs domaines respectifs. Puisque le Taureau est le 2e signe à compter du point de départ correspondant au printemps/Bélier, on pense que la Maison 2 aussi est analogue au Taureau. Les caractéristiques du signe du Taureau et de son dispositeur Aphroditē/Vénus, ont dès lors été vues comme interchangeables avec les propriétés et les domaines attribués à la Maison 2. Ce qui a mené par exemple, à ce qu’on pense aujourd’hui, qu’Aphroditē/Vénus et Taureau, par nature, seraient les significateurs universels principaux de l’argent, des avoirs matériels et de l’aisance, un des sujets de la Maison 2. Donc quand un astrologue aujourd’hui, entend le mot “argent”, son premier réflexe, c’est l’association “Maison 2/ Aphroditē/Vénus/Taureau !” – ce n’est pas juste. Toutes les sources classiques nomment Zeus/Jupiter comme significateur général et universel de l’argent, des biens et de la richesse. Et chose surprenante, ils ne citent pas le Sagittaire ni les Poissons comme tels. Maison 5 et Maison 11 ont été vues jadis comme maisons équivalentes pour le potentiel financier, pas seulement la Maison 2. Nulle part on ne trouve dans les anciens aphorismes de rapprochement entre le Taureau ou Aphroditē/Vénus – pour elle-même – et l’argent, mais bien entre Zeus/Jupiter et l’argent. Quand le Maître de la Maison 2 ou le maître du signe qui loge Jupiter, est en voie de faire une conjonction avec le Maître de l’Ascendant – et surtout s’il s’agit de Jupiter ! – on sera très fortuné dans l’amoncellement de richesses, au point que tout le monde en sera surpris

Et : Le Maître de Maison 2 en conjonction de Jupiter indique la richesse. – Jérôme Cardan (1501-1576).

7.1.2 Le Lion n’est pas la source des significations de la Maison 5

La Maison 5 est un autre exemple d’une association et d’une assimilation, qu’on ne retrouve nulle part dans la tradition astrologique, de signes et de maisons via le modèle ABC. La Maison 5 a été assimilée au 5e signe du Lion. Le Lion est, aujourd’hui, et de façon erronée donc, tenu pour répondre du contenu de la Maison 5. La signification la plus importante de la Maison 5 au travers des siècles, est toujours demeurée la même : les enfants. Là se trouve déjà tout de suite une importante objection à l’assimilation du signe et de la maison. Le signe du Lion est en effet un signe stérile, et Hēlios/le Soleil est une planète qui ôte les enfants, les “tue” ou empêche qu’ils ne naissent ou qu’ils ne survivent. Saturne en Maison 5 et le Soleil au carré de Jupiter, indique le manque d’enfants (Jérôme Cardan). Cardan emploie le significateur général des enfants – Zeus/Jupiter – pour démontrer qu’Hēlios/le Soleil est ici à l’origine des problèmes. Zeus/Jupiter au carré d’Aphroditē/Vénus – une planète qui offre également la vie – ne provoquerait sûrement pas un tel problème.

 

Hēlios/le Soleil est même un indicateur possible de stérilité[1]. Pour ces raisons évidentes, jamais les astrologues classiques n’auraient associé entre eux Hēlios/le Soleil, le Lion, la Maison 5 et le domaine des enfants, ni même cru


[1] J’ai interrogé l’astrologue Nicola Smuts-Allsop qui a une vaste expérience de la fécondité, sur le rôle d’Hēlios/le Soleil dans sa pratique, pour savoir s’il se présentait comme une cause de stérilité. Sa réponse fut oui. Hēlios/le Soleil en Maison 10, dans le cas particulier de l’horoscope d’une femme. Hēlios/le Soleil en signes de Feu en Maison 5 ou 6, surtout s’il est en conjonction d’Hermēs/Mercure. Ou si Hēlios/le Soleil est Almuten de la grossesse. Un Almuten est une sommation qui désigne une planète bien précise comme la représentante la plus importante d’un sujet spécifique. La méthode provient de la tradition arabe et médiévale.